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Séjour en Guinée - Donne-moi du pain

 

Accompagnés de Joël, du pasteur et d'un membre de l'association, nous nous sommes de nouveau rendus dans la prison centrale de Conakry, là où sont entassé les un peu plus de 1500 personnes, hommes, femmes et enfants….Nous visitons les mêmes " cellules ", si on peut appeler ça comme ça.

 

Quatre cellules, mais dans lesquelles se trouvent environ 250 à 300 personnes. Il ne faut pas oublier qu'ici les termes prison, cellule et prisonnier n'ont pas du tout le même sens que chez nous.

 

Nos amis de la Fraternité des prisons se portent garants pour nous et laissent leurs passeports comme garantie pour nous. Nous sommes très touchés par ce geste, car ils ne nous connaissent finalement que très peu. Que Dieu les bénisse.

 

Nous visitons d'abord la prison des femmes et là, le pasteur reconnaît une femme de son église qui vient d'être emprisonnée. Quand elle voit son pasteur, elle se met à pleurer et à pleurer. Personne ne sait pourquoi elle se trouve là. Tout est si corrompu ici que tu peux payer la police pour mettre ton voisin en prison sans aucune autre cause. Cette femme a-t-elle été jetée en prison de la sorte ? Pas impossible….

 

Nous leur parlons de l'amour de notre Sauveur et les invitons à faire la paix avec Lui…et de lui faire confiance. Nous leur parlons aussi de Jonas, prisonnier dans les entrailles du grand poisson, et que peut-être eux aussi se trouvent dans ses entrailles. Mais Jonas, dans le ventre du poisson, pria l'Eternel, son Dieu. Il dit:

 

" Dans ma détresse, j'ai invoqué l'Eternel, et il m'a exaucé; Du sein du séjour des morts j'ai crié, et tu as entendu ma voix ".

 

Nous les invitons à faire de même, de ne pas retenir leurs cris de détresse. C'est alors que certaines se mettent à pleurer…..que s'est-il passé dans leur cœur ? Dieu seul le sait….

 

Leur parler de l'amour de Jésus est une bonne chose, mais un vieux dicton nous dit que ventre affamé n'a point d'oreilles. Nous ne pouvons pas leur apporter de la nourriture pour l'âme et les laisser le ventre vide. Nous avons donc acheté du pain et les membres de la fraternité ont commencé la distribution. Mais, nous ne pouvons pas en apporter pour tous, il en faudrait trop….mais suite à un appel aux abonnés à la newsletter de temoigner.ch, nous pouvons en acheter passablement.

 

Ensuite nous allons dans la cellule des malades. Des hommes. Et là, mes yeux voient ce qu'il y a certainement de plus triste de ce que des yeux peuvent voir : des hommes se battre pour un morceau de pain. J'en suis tout retourné et profondément touché. Mes émotions sont mises à vif. Mes yeux voient la détresse et la tristesse humaines dans toutes leurs splendeurs.

 

Seigneur, comment en est-on arrivé là ? Puis, un homme qui vient d'être amputé d'un bras, le bandage encore imbibé de sang, vient vers moi et me dis : "Donne moi du pain car je n'ai pas la force d'aller me battre pour en avoir…. "

 

Jamais je n'aurais pensé que l'être humain pouvait en arriver là. Que Dieu nous pardonne…

 

Ensuite, les membres de la Fraternité calment la situation et chacun peut avoir un morceau y compris le gars qui ne pouvait se battre....

 

Ce jour là, nous apprenons que plusieurs sont détenus là sans même que leur nom ne soit inscrit sur un registre. Personne ne sait qui ils sont et parfois même sans même savoir pourquoi ils sont là.

 

Certains y sont depuis plusieurs années…. Ils ne sont donc personne pour personne. Quelle tragédie…

 

Un jour un détenu inconnu a écrit ceci:

 

 

 

On n'est rien.

 

Seigneur, quand on est en prison, on n'est rien.

Quand on n'est rien, on a envie de te parler.

Mais quand on n'est rien, on ne pense à rien.

Alors on ne dit rien.

 

Pardonne-moi Seigneur

Si je n'ai rien, si ce n'est le vide,

Le désert au fond de moi.

Mais ce rien Seigneur,

Je te l'offre quand même,

parce que c'est le mien.

Et puis, il pèse si lourd mon rien ;

C'est si dur à porter seul, un rien.

 

Un rien qui me fait mal au cœur,

un rien qui me brûle les yeux,

un rien qui me donne des sueurs froides,

un rien qui me donne mal au ventre,

un rien qui me scie les jambes,

un rien qui ne me rend pas courageux,

un rien qui me rend bizarre,

un rien qui me rend la bouche pâteuse.

 

Ce rien qui m'assomme, prends-le,

pour me décharger : il est si lourd... ce rien.

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l'inconnu.
la voiture et le prisonnier.

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