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Séjour en Guinée - Les tirs se rapprochent

 

Le lendemain matin, mercredi, nous entendons des bruits de foule à environ un kilomètre de la maison où nous sommes logés. On entend aussi des tirs nombreux et nourris et qui se rapprochent.

 

Par instants, on se croirait en plein western…mais sans danger pour nous, ce qui n'a pas été le cas pour tout le monde car on nous a rapporté qu'il y a des morts et des blessés. L'accès à l'information reste très limité, internet fonctionne si mal qu'on ne peut ouvrir la plupart des sites, pas de télévision, la radio nationale ne diffusant que très peu voire pas d'informations….

 

Mais vers 14.00, les tirs se rapprochent. Devant la maison, nous voyons des policiers armés qui échangent des coups de feu d'armes automatiques avec des manifestants dans les bois en face de la maison. Parfois même on entend les balles siffler autour de nous….Avec le personnel, nous nous réfugions dans une pièce au fond de la maison. Si cela ne durait que quelques minutes et sans que nous soyons réellement en danger, cela n'en reste pas moins impressionnant. Mais, nous sommes surpris que malgré tout ce remue-ménage, ces balles autour de nous, ces tirs de mitraillettes et ces mouvements de foules, nous restons dans une paix qui ne peut venir de nous. Nous expérimentons la paix que Jésus donne et qui surpasse toute intelligence. C’est surnaturel, merveilleux, extraordinaire...

 

Le soir, le gouvernement provisoire en place, décrète l'état d'urgence dans tout le pays, ce qui signifie qu'il est interdit de sortir une fois la nuit tombée jusqu'au lever du jour.

 

On nous dit que durant la nuit c'est l'armée qui interviendrait… en tirant dans la foule. L'a-t-elle fait ? Nous ne pouvons pas le dire, malgré les quelques rares tirs entendus dans les nuits qui suivent.

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Le lendemain, jeudi, le calme étant revenu, nous sortons avec une voiture de la mission pour aller au marché à quelques kilomètres. La plupart des commerces sont fermés, la circulation est quasi nulle, il n'y a que très peu de taxi, mais la situation est calme. On dirait une ville fantôme...

 

Les résultats de l'élection n'ont toujours pas été confirmés par la cour suprême, ce qui peut laisser entrevoir de nouveaux affrontements, mais quelques jours plus tard, ils sont confirmés, et la ville reste calme. Le pire a été évité, merci Seigneur. Le couvre feu instauré  a été prolongé de 18.00 à 22.00. Nous pouvons à nouveau ressortir le soir, la ville est calme, nous sommes reconnaissants. Merci Seigneur.

 

Nous n'avons pas encore pu retourner visiter la prison, mais nous savons que celles-ci sont pleines à craquer suite aux événements ont secoué la ville.

 

Les prisonniers déjà en surnombre en temps normal, sont entassés les uns contres les autres à tels point que les gardiens ont du pousser les prisonniers afin de pouvoir fermer les portes. Ils sont si serrés qu'ils ne peuvent pas se coucher et dans certaines cellules, ils ne peuvent même pas tomber, tant ils sont serrés. Les membres de la fraternité des prisons les ont visités, et le gardien s'est trompé de porte en ouvrant. Les hommes sont tombés, certains inanimés, d'autres morts !

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c'est pas toujours facile.
l'inconnu.