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Burkina Faso

 

Pour la première fois, nous nous y rendons du 23 août au 21 septembre 2008 et effectivement notre voyage ne se passe pas comme prévu. Dans un premier temps, suite à une alerte à la bombe à l'aéroport de Genève lors du départ, notre avion décolle avec plus de deux heures de retard et nous sommes bloqués deux jours à Casablanca, et dans un second, bien que nous y vivions une expérience inoubliable, tout n'est pas aussi facile que nous le pensions.

 

Je m'imagine qu'une fois sur place, je vais prêcher partout, tous les jours et que des gens vont se convertir en masse suite à ma prédication. Je prépare donc des messages d'évangélisation, d'enseignement et d'édification. Je passe des heures et des heures à me préparer. Je lis des tas de livres, je lis ma Bible dans tous les sens.

 

Après avoir exercé son ministère durant plus de soixante ans Un jour j'ai entendu un pasteur déclarer : un bon message, c'est 10 % d'inspiration et 90 % de transpiration. Si un homme de cette expérience dit ça, ça doit être vrai. Durant ma vie chrétienne, j'ai rencontré bien des hommes de Dieu, et tous faisaient la même chose : ils préparaient leurs messages à l'avance. Ça m'a toujours étonné. Je ne comprenais pas pourquoi il fallait faire comme ça, mais si ces hommes d'expérience le faisait, ils devaient savoir pourquoi.

 

L'un deux a dit préparer ses messages lorsqu'il était à la plage en vacances.

Un autre disait que le message qu'il donnerait lors d'une soirée était un vieux message qu'il avait déjà prêché plusieurs fois.

Un autre encore disait écrire un message, l'apprendre par cœur et le prêcher des dizaines de fois.

Un autre encore donnait des cours pour préparer des messages et il disait qu'il fallait préparer des messages, et que plus tu en aurais à l'avance, plus on t'inviterait à prêcher.

Un autre encore me disait avoir plein de message préparés dans un tiroir et qu’au cas où on l’inviterait en dernière minute , il ne serait jamais pris de cours.

Ils avaient un point commun : ils avaient tous fait une école biblique.

 

J'aurais toujours voulu être prédicateur, mais j'ai fait aucune école biblique, je ne sais pas comment préparer un message, mais malgré tout, voulant être un bon chrétien, j'ai tenté d'en préparer à l'avance en faisant de mon mieux dans l'espoir qu'on m'inviterait, mais on ne m'a pas invité.

J'ai préparé des messages que j'ai recopié sur d'autres : ils les avaient prêchés avec succès et des conversions avaient lieu après qu'ils aient fait un appel : il n'y avait donc aucune raison que ces mêmes messages n'aient pas d'effet juste parce que c'est moi qui les prêche. Pourtant, personne ne répondait à l'appel que je faisais les rares fois où j'ai pu prêcher, personne non plus n'achetait les enregistrements alors que l'auteur les vendaient comme des petits pains. Où donc était le problème ? Je n'avais pas fait d'école biblique, mon nom était inconnu, je n'étais pas pasteur, ni évangéliste, juste un homme dont Dieu a touché le cœur juste avant qu'il ne se donne la mort.

 

Il faut tout de même reconnaître que dans nos milieux évangéliques, si tu n'a pas fait d'école biblique, de préférence celle que personne ne peut se payer, car même si on prétend que l'argent ne fait pas la différence, tu es quand même mieux vu si tu as fait un école très chère.

Tu n'es rien si tu n'as pas fais cette école où tu dois étudier l'islam sous couvert de tolérance et de connaissance alors que la plupart des étudiants ne connaissent qu'insuffisamment la Bible, ou encore cette école où on t'apprend la psychologie en te soutenant mordicus que c'est absolument nécessaire afin de pouvoir comprendre le fonctionnement humain de tes ouailles au cas où un jour tu deviendrais pasteur.

Pourtant on continue de se demander où sont les signes qui accompagnent ceux qui croient ? Les malades sont toujours aussi malades, les problèmes dans l’église sont les mêmes sinon pires que dans le monde. Mais à quoi servent ces écoles où on néglige de t'apprendre le plus grand commandement de toute la Bible: Aimer Dieu de tout ton cœur de toute ton âme et de toutes tes forces.

 

Pardonne-moi, mais ce genre d'école me fait donne les nausées. S'il faut faire de hautes écoles pour parler de celui qui nous aime, alors il revient au même que de devoir faire des écoles, de suivre des formations pour apprendre à aimer celle ou celui qui un jour partagera ta vie. Je trouve ça désolant. Je ne veux pas de ça.

 

Bien avant de connaître Dieu, j'étais passionné, de tout ce qui touchait le monde invisible, de psychologie, de tout ce qui pouvait faire en sorte que ton moi intérieur se porte mieux, mais ça m'a conduit sur les sentiers de la perdition, je ne l'ai réalisé qu'après avoir rencontré Jésus.

 

Plus tard, en marchant avec lui, je découvrais que dans nos milieux chrétiens, on trouve aussi des psychologues, des spécialistes en relation d'aide, des thérapeutes de couples, des " docteurs  honoris causa" en théologie, des titres qui flattent la chair et qui te foutent des complexes à toi qui n'en a aucun, et le pire, c'est que beaucoup aiment ça. Je me disais que c'était une bonne chose car là où l'homme met Jésus, ça ne peut qu'être bon. C'est ce que je croyais, c'est ce que je pensais. J’ai déchanté. J’ai perdu mes illusions. La psychologie dans l’église est comme la gangrène dans un membre. Si on laisse faire, faudra couper le membre...

 

Je pensais aussi, que dans le couple, en étant les deux chrétiens, les problèmes s'effaceraient au fil des années. Je pensais que de vivre dans une famille recomposée, avec une femme chrétienne, des enfants chrétiens cela nous pouvait que bien aller. Tu parles !  Les problèmes sont là, et si Jésus fait encore des miracles aujourd'hui, il faut quand même le laisser faire. Notre couple a rencontré des problèmes et nous nous sommes tournés vers…l'homme et ses solutions. Tu penses, des spécialistes de couples, des spécialiste en relation d'aide, des gens titrés ayant fait les meilleurs écoles, il n'y a pas mieux pour trouver une soluce à tes problèmes.

 

On a rencontré un couple formé dans la relation d'aide pour couple. On nous a conseillé de nous séparer en prétextant que l'éloignement aide parfois à mieux se retrouver. J'en étais stupéfait : quoi ? Nous autres chrétiens n'avons rien d'autre à offrir à un couple en difficulté que la solution que nous offre le monde ?

A l’heure actuelle je bénis Dieu pour cette réponse, car elle a renforcé ma conviction que la séparation n'est pas la solution aux problèmes de couple, ce que je clame haut et fort encore aujourd'hui à qui veut l'entendre. Je ne voulais pas de ça, je ne voulais pas gâcher ma deuxième chance comme ça, non !

 

Nous avons aussi rencontré quelques fois une personne spécialisée dans la délivrance. Peut-être avions-nous, ou avais-je besoin d'être délivré. Oui mais de quoi ? A chaque fois que nous rencontrions cette personne, elle nous parlait de ses animaux, comment elle les soignait, comment elle s'en occupait. On était bien content de savoir que ses bêtes étaient bien soignées, mais sincèrement on aurait quand même préféré qu'elle tente de trouver une réponse à nos problèmes de couple. Je béni encore Dieu pour cette personne, à son insu, elle nous a évité de lui donner une gloire qui ne revient qu'à Dieu.

 

On est encore allé voir un pasteur. On s'est dit qu'un pasteur doit pouvoir trouver ou du moins proposer quelque chose à un couple en difficulté. Tu sais ce qu'il nous a dit ? : Je ne peux rien pour vous. Votre problème est trop grand pour moi, il faut vous débrouiller avec Dieu. Je bénis Dieu pour cette réponse. Elle nous a poussé a chercher auprès de lui ce qu'aucun être humain ne peut donner. La parole de l'apôtre Pierre prenait toute sa signification : A qui irions-nous, Seigneur, toi seul as les paroles de la vie éternelle, en d'autres termes, la solution à nos problèmes.

 

Nous avons donc cherché réponse auprès de celui qui peut tout, auprès de celui où se trouvent les sources de la vie, auprès de celui qui dit et la chose est, Jésus. J'ai commencé à fréquenter la meilleure école biblique du monde, tu sais laquelle ? Matthieu 6 :6 : « Mais quand tu pries, entre dans ta chambre, ferme ta porte, et prie ton Père qui est là dans le lieu secret  et ton Père, qui voit dans le secret, te le rendra. » Là, tu trouves tout, absolument tout. Toutes les réponses à tes questions, toutes les solutions à tes problèmes, tous les baumes à tes souffrances, tous les mouchoirs qui essuient tes larmes. Tout, absolument tout. Il m'a donné les mots pour parler à Angéline, il nous a donné la clé de la solution des problèmes qui rongeaient notre couple, il a redonné la vie à ce qu'on croyait mort. Il a ressuscité notre couple qu’on croyait mort. Ça, tu ne le trouves dans aucune école, dans aucune université, chez aucun spécialiste, quel que soit son nom ou son titre même s'il a le nom de Jésus marqué au fer rouge sur le front.

 

Comment donc se fait-il que si tout se trouve auprès de lui qu'il soit nécessaire de former des spécialistes en relation d'aide, des psychologues chrétiens, des thérapeutes de couples et tout le bataclan ?

Dieu ne serait-il pas tout puissant ? Les disciples n'avaient-ils pas le meilleur de tous avec eux ? Avaient-ils besoin d'être encore assistés par des spécialistes en tous genres ? Le Jésus qu'ils suivaient et écoutaient aurait-il changé ? Pourtant ma Bible me dit que non, qu'il est le même hier, aujourd'hui et éternellement !

 

Comment se fait-il donc que nous reconnaissons que la Bible a été écrite par des hommes inspirés de Dieu et nous continuons de penser et de croire que nous avons toujours et sans cesse besoin de l’homme pour nous guider, nous enseigner, nous parler de la part de Dieu ?

 

Comment se fait-il qu'un bon message doit être composé plus de transpiration que d'inspiration et donc forcément être préparé à l'avance ?

 

Dans le livre des Actes, il nous est fait mention du discours de Pierre, un gars sans connaissance et sans instruction mais qui parlait avec assurance. Il n'avait pas fait d'école biblique, semble-t’il même pas d'école publique et pourtant avec une seule prédication, trois milles personnes se convertissent. De nous jours, c'est l'inverse : trois milles prédications et une conversion.

Et encore que cela arrive, on est content : voyons frère, il y a plus de joie dans le ciel pour un seul pêcheur qui se repent que pour quatre dix neuf autres qui n'ont pas besoin de repentance. Là dessus, on ajoute encore qu'il y a un prix à payer pour cette conversion, puis on se frotte la bedaine en se disant qu'on a quand même bien mérité le salaire qu'on vient de toucher : une conversion pour trois milles prédications. Et encore, cette conversion est celle du mec qui court de réunion en réunion et qui s'avance à chaque fois au cas où la précédente n'aurait servi à rien. Pardonne-moi, mais cet Evangile là, je ne l'avale plus, je ne l'écoute plus, je ne le prêche plus !

 

Pas de message préparé non plus pour Elie lorsqu'il a fait face aux 450 prophètes de Baal , sans compter tous les autres, et que le feu du ciel a fait cramer son bœuf sur son tas de bois pourtant arrosé d'eau !

 

Alors pourquoi doit-on passer tant de temps à préparer des messages ? Comment sait-on quel message faut-il donner selon là où on se trouve ? Pierre a donné un message adapté aux circonstances tout comme Elie. S'ils avaient préparé leur message, Pierre aurait-il vu trois mille âmes s'ajouter à l'église ? Elie aurait-il vu le feu tomber du ciel ? Si j'avais préparé ce que j'allais dire à Angéline, notre couple aurait-il survécu au naufrage qui le secouait ? Non ! Tu me diras, oui mais, un couple a besoin de formation, tout comme un homme de Dieu en a besoin. Ok, pourtant il n'y a jamais eu autant de divorces alors qu'il n'y a jamais eu tant de formation de couple. Dans l'histoire de l'Eglise, il n'y a jamais eu autant de pasteurs formés et pourtant la plupart de nos églises comptent davantage de chaises vides que de chaises occupées ! Tu ne trouves pas qu'il y a quelque chose qui cloche ? Mais quoi ?

 

Moi je dis non, et non et encore non. Stop. L'Evangile qui nous est prêché depuis des années nous donne la démangeaison d'entendre des choses agréables et nous détourne de la vérité. Nous l’avons vidé de sa substance le Saint Esprit qui est en nous, pour le remplacer par nos traditions humaines sans goût, sans puissance en nous appuyant sur notre prétendue sagesse en oubliant que la folie de Dieu est plus sage que les hommes, et la faiblesse de Dieu est plus forte que les hommes.

 

Bon, on en était où ? On en était resté à Casablanca me semble-t-il.

 

Nous y faisons la connaissance d'un Nigérien rentrant dans son pays après un séjour en Europe. Nous lui parlons du Seigneur et du salut. Nous sympathisons et il reste avec nous encore deux jours à Ouagadougou, n'ayant pas d'avion pour rentrer dans son pays. Il accepte la Bible et le livre d'un témoignage que nous lui donnons. Après notre retour, nous recevons de ses nouvelles et c'est avec joie que nous apprenons qu'il a donné son cœur à Jésus. On apprend même qu'une église s'est ouverte dans son village et qu'il la fréquente. Merci Seigneur, nous savons au moins pourquoi nous sommes restés bloqués à Casablanca. Que toute la gloire te revienne.

 

Arrivées à Ouagadougou, nous découvrons une toute petite partie de cet immense continent de l'Afrique. Une autre culture, un autre monde. Tout est différent. Tous nos sens sont en éveil tant tout est nouveau et mérite d'être vu. Nous y aussi retrouvons André, le pasteur burkinabé de Ouagadougou faisant une école biblique en Suisse dont nous avons fait connaissance dans l'église que nous fréquentions. Il m’avait dit que je viendrais dans son pays, et nous y étions....

 

Dans un second temps, je m'attendais à prêcher tous les soirs, voir des gens guéris de toutes sortes de maladies, voir des paralytiques se lever, des aveugles retrouver la vue, mais ça ne s'est pas passé comme ça, mais malgré tout, nous en rapportons quelques témoignages étonnants que vous trouverez dans les pages suivantes...

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Retour et séjour sous le genêt.
Un autre appel.

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