Ce matin, nous recevons la visite d'un inconnu. Il a entendu parler de nous par un employé de la mission. C'est un missionnaire canadien. Il est en Guinée depuis près de vingt ans, un véritable apôtre, Bill.
Il a implanté plus de trente églises en terre guinéenne, les églises "Alléluia ", issues des églises de Pentecôte du Canada. Il me dit qu'il m'invitera pour prêcher dans son église principale, Bellevue....
On verra bien...Avec toutes les paroles vaines que nous avons entendues ici, qu'elles viennent des noirs ou même des blancs, je préfère ne m'attendre à rien. Là où j'ai prêché il n'y a pas très longtemps sur le retour du Seigneur, le pasteur m'avait dit qu'il m'inviterait encore, qu'il enverrait la personne responsable de l'évangélisation afin que nous établissions un programme. Mais rien ne se fera...
Il y en a même qui traitent de ministère sauvage ceux qui travaillent en dehors des églises, comme nous: Ils continuent de croire que l’Eglise, le corps de Christ se cantonne à une église locale. Ce que nous ne partageons pas.
Pourtant souvent ceux qui sont en dehors voient plus souvent Dieu à l’oeuvre autour d’eux et prêchent un Evangile qui les dérangE Eux, qui sont bien assis sur leurs fauteuils attribués et parfois rembourrés, en montrant du doigt ceux qui ont le courage d'accomplir ce que eux-mêmes n'osent pas ! Bref...comme disait Michel Sardou, deux intellectuels assis iront moins loin qu’un con qui marche. Y a pas à dire: je préfère être con....
Quelques temps plus tard, nous allons assister au culte chez Bill à Bellevue. On s'y sent bien. On y reviendra. Quelques jours plus tard, il m'appelle et me confirme l'invitation : J'y prêcherai le dimanche 18 décembre.
***
Entre temps, les résultats des élections sont annoncés. Peu après, on entend des manifestants dans les rues et des tirs d'armes autour de nous, mais sans que nous soyons en danger. Puis, un orage éclate et les foules sont ainsi dispersées. Merci Seigneur...
Le lendemain, nous entendons de nouveau tirer, mais cette fois très proche de là où nous sommes. Si ça reste sans danger, pour l'instant du moins, cela n'en reste pas pour le moins impressionnant. Les informations qui nous parviennent sur ce qui se passe dans le pays ne sont pas nombreuses. On se croirait dans un pays communiste où on cache ce qui s’y passe. Mais même si nous n'avons pas accès à l'information, nous croyons savoir que les médias rapportent des images qui pourraient faire croire que la ville est à feu et à sang, mais ce n'est pas le cas. Ce n'est que dans certains endroits de la ville que la tension est montée et pas dans toute la ville, bien qu'on entende encore quelques tirs, mais rien d'inquiétant....
www.temoigner.ch - © michel béguelin 2011