Ce 21 novembre je constate que depuis quelques jours, un chant ne cesse de me marteler l'esprit :
" Ce ne sont pas les morts qui célèbrent l'Eternel…. ".
Je ne peux plus le sortir de ma tête. Du matin au soir, du soir au matin, ce chant ne cesse de revenir. Seigneur que cherches-tu à me dire ? ll ne tardera pas à me répondre:
" Je t’appelle à me suivre. A tout abandonner pour me suivre, mais tant que tu décides rien, à mes yeux tu es comme mort. Décide-toi. Si tu veux me suivre, tu dois quitter ton travail. Tu dois quitter ta sécurité financière, ton bien être personnel. Tu me suis ou pas, mais décide-toi… "
Pas facile de prendre une telle décision. Le suivre quand on a rien à perdre, c’est relativement facile, mais quand on a tout à perdre....
Au soir du 2 janvier 2007, alors que je suis à demi endormi sur le canapé, par trois fois, une voix audible se fait entendre :
" Rien ne manque à ceux qui le craignent. "
Mais il n'y a personne, je suis seul. Absolument seul !
Le 23 janvier 2007, au milieu de la nuit, cette pensée vient troubler mon sommeil, comme si quelqu'un me parlait :
" Ne t'inquiète pas pour l'argent car le temps est venu… "
Seigneur, est-ce toi ?
J'ai beau essayer de me rendormir mais en vain. Alors à 5 h, je me lève et je prie. La douce voix du Seigneur me dit :
" Lis le Psaume 17 verset 3 " : Tu sondes mon cœur et tu le visites la nuit…. "
Ces pensées qui me troublent viennent donc de Dieu ?
Et encore :
" Lis le Psaume 42, verset 9 " : Le jour l'Eternel m'accorde sa bienveillance et la nuit son cantique m'accompagne "
Alors je lui demande :
" Seigneur, que veux-tu me dire ? ".
A nouveau il me répond :
" Le temps est venu…. ".
Le 2 mars, nous allons voir un film de " Connaissances du Monde " : C'est un gars de 25 ans qui a tout laissé pour traverser le Québec avec son kayak. En rentrant ce soir-là une pensée m'assaille :
" Pour une cause éphémère sans Dieu, ce mec a tout laissé et moi, pour une cause éternelle avec Dieu j'hésite "…
Puis j'ouvre ma Bible et tombe sur Ecclésiaste 6 : 9 : " Mieux vaut jouir de ce qu'on voit que de se laisser égarer par ses convoitises…. "
Cette parole me va droit au fond du coeur. Si fort que je ne peux retenir mes larmes que je déverse devant Dieu dans le secret de ma chambre.
En mai de la même année, toujours plein de doutes, j'apprends que l'évangéliste Michel Allard est en Suisse. Je vais le rencontrer. Lui qui a tout laissé un jour, peut-être pourra-t-il me conseiller ? Ainsi je lui parle de mon désir de tout laisser. La réponse qu'il me donne est on ne peut plus claire :
" Le Seigneur a besoin de toi là où tu es pour témoigner sur ta place de travail. Mais si tu penses qu'Il t'appelle, alors tu dois en être convaincu à 100 %. Et ça c'est entre Dieu et toi. Personne d'autre, si ce n'est ta femme. "
Et cette conviction, mon épouse l’a, mais pas moi !
En juillet, on va au "Camp d'Entraînement Militaire de l'Armée du Seigneur des derniers temps Il revient bientôt es-tu prêt ? " que Michel Allard organise chaque année durant une semaine. Un soir, une parole de connaissance est donnée :
" Le Seigneur parle à un homme. Tu dois prendre une décision quant à ton travail. Le Seigneur te dit : Décide-toi. ".
Je pense que cette parole est pour moi et je demande au Seigneur de la confirmer, mais Il ne la confirme pas. Une autre fois, il y a très longtemps, alors que je demandais au Seigneur de confirmer une parole, il me répondit.
" Non, je ne la confirmerai pas, car j'ai besoin que tu marches par la foi et non par la vue…. "
Serait-ce de nouveau le cas ?
Vers fin août, je me rends dans une localité à 100 km de chez moi pour mon travail. Bien que j'aie rendez-vous, la personne n'est pas là quand j'arrive (c'est la première fois que je dois l'attendre en cinq ans…) Alors je bois un café et lis le journal. Mon regard s'arrête sur un article qui dit qu'un facteur de cette ville quitte tout pour aller s'occuper des pauvres quelque part dans le monde.
" Seigneur que veux-tu me dire… ?? "
Quelques jours plus tard ce verset me revient sans cesse:
" A celui qui est ferme dans ses sentiments Tu assures la paix, la paix, parce qu'il se confie en Toi. "
Le mercredi 5 septembre, alors que je suis au volant de ma voiture, comme venue du ciel, la conviction que le temps est venu tombe sur moi. C'est indescriptible. Ça vient en toi, ça vient sur toi, tu ne peux pas l'expliquer, mais tu sais que c’est juste. Alors, en commun accord avec mon épouse, je prends enfin la décision claire : je vais quitter mon travail pour entrer au service de Dieu. Le lundi suivant, le 10 septembre, j'irai l'annoncer à mon directeur…
Le dimanche 9 septembre, nous allons au culte dans une église où nous ne connaissons personne si ce n'est le pasteur de vue. Je demande au Seigneur de m'arrêter si je me trompe dans ma démarche de quitter mon emploi, mais rien ne se passe, pourtant Dieu sait si je suis attentif à ce qui pourrait m'interpeller dans un pareil cas. Mais rien. Absolument rien. Le lundi 10 septembre, je donne ma démission pour le 31 mars 2008. Une paix inconnue vient sur moi, une paix comme jamais je n’ai connue. Il me semble que des tonnes ont été enlevées de mes épaules tant je me sens léger. C’est merveilleux.
Le vendredi suivant, le 14 à midi, le téléphone sonne et c'est le pasteur de la petite église où nous étions allés dimanche qui m'appelle : (C'est la première fois de ma vie qu'il m'appelle…) Il nous invite le soir pour manger chez lui et ensuite à aller avec lui dans son église écouter un prédicateur de passage que nous ne connaissons pas. Nous ne parlons pas de notre décision ni au pasteur, ni à personne d'ailleurs. Personne ne la connaît. Le prédicateur prêche sur la puissance du Saint-Esprit et à la fin, il nous demande de nous agenouiller et qu'on va prier. A genoux entre les chaises, dans mon cœur je dis au Seigneur : " Encore une belle prédication sur la puissance de l'Esprit Saint. Seigneur, de la théorie j'en ai assez, je veux de la pratique…. "
Aussitôt, le prédicateur vient vers moi, me tire devant l'assemblée et dit :
" Le Seigneur a une parole pour toi. Le temps est venu. Il t'appelle à son service. Tu viens de prendre une décision importante, le Seigneur l'approuve. Il t'envoie dans la moisson. Avec ta femme vous êtes quand même soucieux quant à l'avenir, le Seigneur vous dit : Ne vous inquiétez de rien, il pourvoira à vos besoins. Il vous appelle dans les nations ".
Je comprends pourquoi nous avons dû quitter la petite église, Dieu voulait me faire rencontrer cet homme afin de nous envoyer dans les nations ! Ouaah, Seigneur que tu es grand....
La semaine suivante, celui par qui les doutes arrivent, Satan, ne tarde pas à se manifester :
" Tu te rends comptes, à ton âge, quitter ton travail ? Mais comment vas-tu faire ? Comment vas-tu vivre ? "
Comme Pierre lorsqu'il est sorti du bateau pour marcher sur l'eau, il a commencé à couler lorsqu'il a cessé de regarder à Jésus et qu'il a regardé le vent, je me laisse aller au doute, car moi aussi je me mets à regarder davantage le vent que Jésus. J'écoute l'ennemi de nos âmes qui sème le doute, plutôt que Jésus qui sème la certitude.
Encore une fois, je cherche refuge auprès de Celui qui est le Chemin, la Vérité et la Vie :
" Seigneur, dois-je chercher un autre travail ? "
Aussitôt Il me répond:
" Recherchez d'abord le royaume et sa justice, et tout le reste vous sera donné par dessus ", puis, " Regardez les oiseaux du ciel, ils ne sèment ni ne moissonnent… " et enfin " …considérez les lys des champs…Si tu quittes ton travail pour en chercher un autre, pourquoi le quittes-tu ? "
Naturellement, je me pose bien des questions quant à notre avenir :
Qu'allons-nous faire ?
Comment allons-nous employer ce temps pour le Seigneur ?
Qu'en penses-tu Seigneur ?
Que veux-tu que nous fassions ? Le mieux reste de lui demander
Dans le secret de ma chambre, il me répond, précisément le 2 février 2008:
" Je te montrerai la voie que tu dois suivre, j'aurai le regard sur toi et je te conseillerai ". C'est le verset 8 du Psaume 32.
Le lendemain, toujours dans le secret de ma chambre, je lis dans la Bible que les disciples doivent rester et attendre à Jérusalem. Je demande au Seigneur :
" Jusqu'à quand devrai-je attendre Seigneur ? ".
Puis il me dit :
« Je ne peux pas t'envoyer, tu n'es pas libre ".
Puis je lui dis :
" Seigneur, rester là à attendre, j'ai peur de passer à côté de quelque chose. J'ai peur de te rater lorsque tu passeras ".
Il me répondit :
" Tu es en attente. Comme d'un train qui va passer. S'il ne fait que passer, tu ne pourras pas le prendre, puisqu'il passe… "
J'insiste :
" J'ai malgré tout peur de le rater lorsqu'il s'arrêtera "
Puis à nouveau Il me répondit :
" Tu ne pourras pas le rater puisque tu l'attends. "
Quel Dieu ! Quel merveilleux Seigneur !
Le dimanche 16 mars 2008, dans le secret de ma chambre, je reçois ces deux paroles :
Actes 7 :3 : Quitte ton pays et ta famille, et va dans le pays que je te montrerai.
Actes 7 :34 J'ai vu la souffrance de mon peuple qui est en Egypte, j'ai entendu ses gémissements, et je suis descendu pour le délivrer. Maintenant, va, je t'enverrai en Egypte.
Durant la nuit du 24 au 25 mars, ne pouvant plus dormir, je me lève, pensant que Dieu veut me parler. Après quelques minutes dans la prière et le silence (Dieu parle très souvent dans le silence), me viennent ces pensées :
" Quelque chose va se passer pour toi ".
Puis j'attends dans le silence la réponse à mon " quoi ". A nouveau, quelques minutes plus tard :
" Regarde dehors. "
Alors je regarde dehors durant de longues minutes, mais je ne vois rien se passer. Il neige à gros flocons... Pensant que mes pensées me jouent un tour et très déçu je demande au Seigneur :
" Comment dois-je faire pour reconnaître ta voix ? Comment ? J'ai regardé dehors, mais rien ne s'est passé.".
Ces pensées doivent être le fruit de mon imagination.
Puis, une petite voix se fait entendre au fond de moi :
" Qui t'a dit qu'il devait se passer quelque chose ? " "
" Mais alors Seigneur, pourquoi ai-je regardé dehors ? "
" Tu n'as rien vu ? "
" Non ! "
" Et toute cette neige ? "
" Et alors ? "
" Alors ? Tu ne crois pas que si je peux recouvrir la terre de neige, je peux faire quelque chose de ta vie ? "
" Pardonne-moi Seigneur… mais la question reste : Comment dois-je faire pour reconnaître ta voix ? "
Alors Il me dit :
" Lis le Psaume 37, le verset 4" "Fais de l'Eternel tes délices, et il te donnera ce que ton cœur désire " et le verset 7, " Garde le silence devant l'Eternel, et espère en lui "
Puis à nouveau, il me dit :
" Lis le Psaume 27 :1 : "
"L'Eternel est ma lumière et mon salut: De qui aurais-je crainte? L'Eternel est le soutien de ma vie: De qui aurais-je peur ? "
Vendredi 28 mars, toujours dans le secret de ma chambre, alors que je suis en prière, je répands devant Dieu mon désir le plus profond, celui de dépendre de Lui. L'Esprit parla à mon cœur en ces termes :
" Si tu veux dépendre de Moi, rien ne doit fonctionner autour de toi sans Moi ".
Le 30 avril est le dernier jour de mon activité professionnelle séculière. Le 1er mai c'est le pas dans le vide, le saut dans l’inconnu. A vue humaine c’est de la folie, mais la sagesse de Dieu n’est-elle pas folie pour les hommes ?.
Je dois reconnaître que je me pose plein de questions :
" A 52 ans, laisser son travail pour entrer à plein temps au service de Dieu, sans ressources, sans ministère, n'est-ce pas de la folie? N'est-ce pas un manque de sagesse ? " .
Puis je repense à tout ce qui s'est passé et à la manière dont ça s'est passé, et ça me rassure. Je pense aussi aux différentes histoires que la Bible nous rapporte : Noé qui construit l'arche sur une montagne, Pierre qui marche sur l'eau, les disciples qui abandonnent tout pour suivre Jésus…tout paraissait folie. C'est certainement la décision la plus folle et la plus audacieuse que j'ai prise dans ma vie.
Quelques semaines après avoir quitté mon emploi, je suis allé à une réunion d'hommes dont le thème était " Prendre une décision…. " L'organisateur a fait un appel aux hommes ayant pris une décision importante, LA décision, dans leur vie. J'ai bien entendu répondu à l'appel, en y envoyant mon témoignage, persuadé que ma décision en épaterait plus d'un et convaincu d'être devenu un héros de la foi des temps moderne que tout le monde évangélique s'arracherait pour en entendre le témoignage. Tu parles ! L'organisateur n'a même jamais répondu à mon envoi. Le monde évangélique n'en à rien à cirer qu'un quinquagénaire quitte son travail pour répondre à un appel venu d'en haut. En clair, personne ne s'y intéresse. Quelle déception. Mais qu'importe parce que finalement ce n'est pas pour plaire aux hommes que j'ai quitté mon travail, mais pour répondre présent à Celui qui m’a appelé, et c'est ça qui compte, même si la chair en prend un coup.
Certainement que toi aussi lecteur tu as eu des déceptions. Certainement que des chrétiens t'ont déçu de par leurs attitudes ou leurs propos. Tu as été blessé ? Meurtri ? Trahi ?
Laisse-moi te poser une question : Et de toi, combien ont été déçu ? Je peux te dire que de moi beaucoup ont été déçu et le seront encore. Tu sais pourquoi ? Parce qu'il n'y en a qu'un qui soit parfait. Un seul. Pas deux. Un. C'est Jésus. Laisse-moi encore te dire que chaque déception est une occasion qui nous est donnée de nous rapprocher de Lui, peut importe la source de cette déception.
Nous devons ancrer ça dans nos têtes, dans nos cœurs et louer le Seigneur chaque fois qu'une occasion nous est donnée.
Malgré tout, une question, toutefois, revient :
" Seigneur, tu m'avais dit que je n'étais pas libre pour m'appeler. Maintenant que j'y suis que va-t-il se passer ?…. "
Le vendredi 23 mai, le prédicateur m'ayant donné cette parole le vendredi 14 septembre 2007 revient en Suisse, dans la même église. Le premier soir qu'il prêche, je vais l'écouter. Je décide de ne pas lui rappeler la parole qu'il m'a donnée en septembre. Toutefois, à la fin de sa prédication, il me reconnaît, il vient vers moi, me rappelle cette parole et m'invite en Afrique, dans son église à Ouagadougou, au Burkina Faso. Nous nous y rendrons du 23 août au 21 septembre 2008.
Toutefois, trois jours avant notre départ, dans le secret de ma chambre, à nouveau le Seigneur me parle. Il me dit " Michel, votre voyage ne va pas se passer comme tu le penses. Cependant, n'oublie pas que mon nom est sur vous, et qu'avec Angéline, les deux ensemble vous ne faites qu'un…. "
Ce même jour, après le repas de midi, une amie d'Angéline est venue nous rendre visite. Elle est accompagnée de son fils adulte. On leur parle de notre projet de partir en Afrique et le fils nous dit : " C'est génial de partir les deux comme ça. De plus que le nom de Dieu est sur vous et que vous n'êtes qu'un… "
Nous nous y rendons....et effectivement ça ne se passe pas comme prévu, mais pas du tout....
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