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Une apparition terrifiante et merveilleuse

 

Avant de repartir pour ce deuxième voyage au Burkina, j’ai quand même bien pris le soin de préparer mes messages. J’en ai un cahier plein. J’ai de quoi voir venir. On ne va pas au front sans se préparer…

 

Le dimanche matin avant notre départ, nous allons au culte dans une église de Neuchâtel. Je ne sais pas ce qui se passe en moi ce matin là, mais je me sens bizarre. Un étrange sentiment inconnu jusque là m’envahit. Il est indescriptible. Aucun mot ne saurait le décrire. Il est tout de même plus agréable que désagréable. Seigneur, mais que se passe-t-il donc ? Le culte se termine, mais ce sentiment reste tout au fond de moi. Il y restera toute la journée. Le soir, nous allons dans une autre église de la ville qui fait le culte le soir. Il y beaucoup de jeunes, et l’accent est mis sur la louange, les chants sont joués et chantés longuement, ce qui entre nous ne me plait pas toujours forcément, mais ce soir là, nous y allons car c’est le fils d’Angéline qui donne le message, il faut bien l’encourager. La louange commence et comme d’habitude le même chant est chanté longuement. Durant un chant, j’ai la conviction que je dois m’agenouiller face contre terre, ce que je fais et je reste immobile dans cette position. Le chant pénètre au fond de moi comme une épée, cela me perturbe.

 

Par instants, j’entends chaque note, chaque parole comme si les musiciens, comme si chaque instrument était tout au fond de moi, par d’autres, je les entends comme une chorale céleste, comme si j’étais au ciel. Seigneur que c’est bon, que c’est merveilleux. Je voudrais que ça ne s’arrête pas. Je ne voudrais pas que ça cesse. Je vois des milliers de choristes qui louent le Seigneur. Des voix comme jamais je n’ai entendu. Même la voix d’une des chanteuses qui m’agace un peu en temps normal, je la trouve merveilleusement belle. Je reste dans ma position.

 

Depuis combien de temps y suis-je ? Je suis incapable de le dire. J’ai perdu la notion du temps. Puis la musique s’arrête, le silence s’installe. Un long silence. Interminable. Je ne bouge pas d’un poil, tant tout est bon et qu’en bougeant j’ai peur que tout s’arrête. Puis un des responsables donne une parole de la part de Dieu. Il n’y a pas de doute cette parole est pour moi, rien que pour moi. J’ai envie de dire à toutes les personnes qui sont présentes qu’elles peuvent partir, car cette parole n’est que pour moi, mais je ne peux pas bouger, je ne peux même pas remuer un cil. Je suis comme paralysé. Mais que se passe-t-il ? La musique recommence, tout doucement, le piano. Tout à coup je vois quelqu’un de très grand devant moi, si grand que je le vois que jusqu’aux genoux. Il a les jambes légèrement écartées, et ne bouge pas.

 

C’est Lui, il n’y a pas de doutes, c’est Lui. Le Créateur de l’Univers est là devant moi. Je suis terrifié. Je n’ose pas bouger. Toute la puissance de Dieu est là devant moi, c’est à la fois merveilleusement bon et terrifiant à la fois. Aucune puissance n’existe contre celle qui est là devant moi. C’est Jésus le Seigneur, qui est là devant moi. D’un coup je saisi pleinement les paroles de l’apôtre Jean lorsqu’il voit le Seigneur devant lui sur l’île de Patmos : « Et, lorsque je le vis, je tombai à ses pieds comme mort». D’un coup aussi je saisi les paroles du prophète Esaïe lorsqu’il dit : « Malheur à moi! Je suis perdu, car je suis un homme dont les lèvres sont impures, j’habite au milieu d’un peuple dont les lèvres sont impures, et mes yeux ont vu le Roi, l’Eternel des armées ».

 

D’un coup encore les paroles de Jacob m’apparurent claires comme de l’eau de roche : « car dit-il j’ai vu Dieu face à face, et mon âme a été préservée ». Tout ça me terrifiait. Je n’osais plus bouger, je priais, je lui demandais de nous faire grâce, d’avoir pitié de nous. Seigneur, lui dis-je si tu bouges on est tous foutus, si je bouge, je suis mort. Seigneur, aie pitié. Je pouvais parler comme Jacob, j’allais tomber comme Jean, j’étais terrifié comme Esaïe, mais qu’est-ce que c’est bon. Rien ni personne ne peut te faire vivre des tels instants. C’est bon et terrifiant à la fois. Je voudrais que ça dure encore et encore. Seigneur, j’en veux plus. Seigneur, j’ai faim de toi, faim de ta présence. Ce n’est pas le Ciel que je veux, c’est toi. Parce que là où tu es, c’est déjà le Ciel. Seigneur je veux te voir encore et encore, je veux te toucher, je te veux Toi.

 

J’ignore combien de temps je suis resté comme ça, j’ignore si je suis le seul à avoir vécu ces moments ce soir là, et finalement peu importe. Lorsque je me suis relevé, Angéline était assise à mes côtés et m’a dit. « Tu vas bien ? Tu es resté si longtemps sans bouger que je me demandais si tout allait bien pour toi ». J’étais tellement perturbé que je ne pus prononcer un seul mot. Durant tout le culte je ne pouvais rien dire. Sur la route du retour, ce n’est qu’après vingt minutes de trajet que j’ai tenté de lui dire ce que je venais de vivre, mais c’était tellement fort encore, que je ne pouvais rien dire tellement je pleurais. Je ne faisais que de pleurer. C’était si bon, si merveilleux que je ne pouvais que pleurer. Je pleurais aussi parce qu’elle n’avait pas vécu ça. Personne ce soir là n’avait vécu ça, je l’ai appris par la suite.

 

Je me demande, comment sera la prochaine fois qu’il se manifestera, si cette fois-ci c’était déjà comme ça fort et puissant. Mais ça n’a fait qu’augmenter ma soif de sa présence. Seigneur tu as dis que celui qui viendrait après toi n’auras plus jamais soif, pardonne moi Seigneur, mais j’ai encore plus soif qu’avant. Je veux te toucher, je veux te voir….je veux te voir à l’oeuvre..

 

Nous étions loin d’imaginer ce qui nous attendait....

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2ème séjour au Burkina Faso.
Retour et séjour sous le genêt.

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