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Le premier appel

 

L'année où je fais la connaissance d'Angéline, c'est aussi l'année où je travaille  dans un atelier pour chômeurs. Mon contrat court  jusqu'à la fin de l'année…

 

Vers la fin  novembre, je décide de jeûner durant trois jours. Le jeûne te permet de mettre le temps du repas à part pour prier et chercher la face de Dieu plutôt qu'à manger. Le deuxième jour, j'entends la voix douce du Seigneur me dire:

" Prends un crayon, un papier et écris ce que je vais te dire. "

 

Et Dieu me dicte ces mots :

 

"Si vous vous décidez pour l'obéissance vous mangerez les meilleures productions du pays mais si vous êtres rebelles vous serez dévorés par l'épée. Vous avez conçu, vous avez souffert et lorsque vous enfantez ce n'est que du vent " .

 

Je ne connais pas ces paroles et je n'en  comprends pas le sens  Obéir ? D'accord ! Mais à quoi ? Pour obéir, il faut une directive ou un ordre, non ? Et pourtant ce jour là je n'en reçois aucun. Le lendemain, au moment du jeûne, à nouveau le Seigneur me parle :

"  Prends un crayon, un papier et écris ce que je vais te dire. "

Mais cette fois, ce ne sont pas des mots que j'entends, mais des noms et des chiffres :

 

"  Esaïe 1 : 19 ; Esaïe 26 :18 " ; et bien d'autres encore…Je ne comprends toujours pas, et la voix me dit :

" Ouvre ta bible et lis. "

Et sur quoi je tombe ? :

" Esaïe 1 :19 : Si vous vous décidez pour l'obéissance vous mangerez les meilleures productions du pays mais si vous êtres rebelles vous serez dévorés par l'épée ".

Esaïe 26 :18 " Vous avez conçu, vous avez souffert et lorsque vous enfantez ce n'est que du vent. "

 

Et tous les autres correspondent  aussi exactement à ce que j'ai écrit le jour précédent. Pas de doute : Dieu a parlé. C'est trop précis pour avoir des doutes.

 

Quelques jours plus tard, nous allons au culte et pendant la louange, un homme donne une parole de connaissance :

" Le Seigneur veut parler à un homme… "

Sitôt Angéline me dit:

" C'est à toi, c'est à toi… ".

L'homme continue :

"Il lui dit : je t'appelle, tu vas partir, tiens toi prêt. Tu ne vas pas partir ni où tu penses ni comme tu penses mais tiens toi prêt, tu vas partir. "

 

L'ordre que j'attendais, le voilà. Mais où et quand vais-je partir ? Notre relation toute fraîche, notre amour tout jeune résisteront-ils à cet éloignement ? Nous prions et cherchons la volonté de Dieu car en fait c'est la seule chose qui nous importe : Que Sa Volonté soit faite.

 

Deux semaines passent. Noël approche. Dans l'atelier, le 23 décembre à midi  nous organisons une petite fête. Tout le monde est là. Après le repas, tout le monde s'apprête à partir, lorsque les responsables s'approchent de moi et me disent :

" Michel avant que tu ne partes, nous voudrions te parler… "

Et ils me disent :

"  Le 3 janvier prochain, nous allons ouvrir un autre atelier à Buttes,  dans le Val de Travers dans le canton de Neuchâtel. Nous sommes contents de ton travail et nous voulons t'engager comme responsable…. "

 

Sitôt les paroles reçues me reviennent. Et si c'était la directive  attendue ? Et si au contraire c'était pour m'en éloigner ? Après quelques discussions sur les conditions d'engagement, ils me laissent jusqu'au 26 décembre pour y réfléchir. C'est court….Bien sûr j'en parle avec Angéline. Accepter ce poste signifie aussi m'éloigner d'elle, car Buttes est à 100 kilomètres et je ne pourrai pas rentrer chaque soir, mais chaque week-end.

 

Le 26 décembre, nous partons quelques jours chez mon frère, dans le Cévennes. Avant de partir, dans le secret de ma chambre, je fais cette demande à Dieu :

 

" Seigneur, cette proposition, vient-elle de toi ? J'aimerais que tu me dévoiles ta volonté à ce sujet, veux-tu bien le faire ? Amen ".

 

Lorsque nous sommes chez mon frère, après lui avoir présenté Angéline, nous parlons de choses et d'autres, mais pas de boulot. Et tout à coup, sans rien connaître de ma situation, mon frère me dit :

"  Si on te propose un travail, il faut l'accepter ".

 

A travers la bouche de mon frère Dieu a dévoilé sa volonté. Pour moi cela ne faisait plus le moindre doute. J'ai pu appeler les responsables et leur annoncer que j'acceptais leur proposition. Je suis donc parti le 3 janvier dans ce petit village de Buttes au fond du Val de Travers….

 

Je commence mon travail le 3 janvier dans cette fondation en faveur des personnes au chômage à Buttes, comme responsable d'un atelier de chiffons industriels à mettre sur pied, me voici appelé à une tâche peu ordinaire : tout mettre en place pour occuper une quinzaine de personnes. Il faut tout mettre en œuvre, l'atelier est vide.

 

Le travail de l'atelier consistera à découper de vieux vêtements, à les conditionner en balles de 300 kg à l'aide d'une presse adéquate. Il faut donc tout acheter, et au meilleur prix: Un élévateur, une presse, des machines à découper, différentes petites choses servant à ce travail.

 

Ces achats me prennent beaucoup de temps et d'énergie. Ce ne sont pas des machines ordinaires que tu trouves chez le quincaillier du coin. Après des dizaines d'appels téléphoniques, parcouru des dizaines et dizaines de kilomètres, parlé avec plusieurs personnes, visité des entreprises, je pense enfin avoir tout trouvé, tout acheté, et en respectant les budgets et les délais prévus.

 

Un jour, je reçois un appel téléphonique de mes supérieurs qui me demandent si j'ai tout ce qu'il faut pour démarrer la production. Content de moi et fier comme un coq, je lui réponds oui. Il me demande si j'ai aussi acheté les " bâches " pour emballer les chiffons avant de les presser. Zut, voilà la seule chose à laquelle je n'ai pas pensé. Il me faut donc recommencer mes investigations. Mais où ? Je ne sais même pas quel est le vrai nom de ces  bâches .

 

Le téléphone à peine posé, je me mets à prier :

" Seigneur, tu vois que je ne sais pas où trouver ce qu'on me demande d'acheter. Tu vois toutes mes recherches pour le reste du matériel. Ce n'est pas que je ne veuille pas chercher ces fameuses " bâches ", mais je n'ai pas la moindre idée où je peux trouver ça, s'il te plaît, aide-moi. Amen. "

Le lendemain, le téléphone sonne. Je ne connais ni l'entreprise ni la voix de mon interlocuteur.   C'est une entreprise à environ 100 km de mon atelier. La personne me dit :

" Bonjour, je me permets de vous téléphoner car j'ai des bâches d'emballages à vendre et j'ai pensé que  cela pourrait peut-être vous intéresser. "

 

 Je n'en croyais pas mes oreilles. Mais, avant de dire oui, je veux quand même parler du prix. La personne  en question en a environ 5000 en stock. Je lui demande le prix pour les 5000. A ma question, il me répond par une autre :

" Quel est le but de votre fondation, au juste ? "

" Elle s'occupe de personnes au chômage et au bénéfice des services sociaux. "

" Alors ces 5000 bâches je vous les donne. Vous n'avez que les frais de transport à votre charge ".

 

Je ne pouvais pas refuser une telle offre. J'étais stupéfait, je n'en revenais pas. Là encore Dieu me surprenait. Après un tel exaucement de prière, comment encore douter de la puissance de Dieu. Rien ne lui échappe. Si nous faisons ce que nous avons à faire, Dieu fera ce que nous ne pouvons pas faire. Toutefois, n'attendons pas de Lui ce que Lui attend justement de nous. Merci Seigneur.

 

Dans cette histoire, il est bon de préciser que: Que le numéro de téléphone de l'atelier nous étant fraîchement attribué, il n'était encore publié nulle part et que de plus l'entreprise m'ayant contacté  s'est trompé de numéro pensant appeler une autre entreprise !

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Liliane.
Le témoignage d' Angéline.